Lucas d'À Demi-Mot: du mid-west emo au grand-est emo

Photo de Lucas

Photos de Lucas en acoustique au Chinois par Noctuastrali

Interview réalisée le vendredi 28 novembre 2025 à 17h par Noctuastrali

༄. Hello Lucas ! Merci à toi d’être là pour l’interview pour Tempête Myrtille. Tu fais un peu partie de l’équipe et ça fait plaisir de te recevoir. Est ce que tu peux commencer par te présenter ?

Lucas 28 ans, troyen depuis 10 ans et musicien depuis bientôt une quinzaine d’années. Je suis passé dans pas mal de groupes, principalement du punk rock et ses dérivés. Aujourd’hui je joue de la guitare et je chante dans À Demi-Mot.

༄. Dans la suite de cette présentation comment en es-tu venu à la musique ?

Il n’y a pas de musiciens dans mon entourage familial, même si mon père m’a transmis son amour de la musique. J’ai le souvenir d’écouter un peu de musique avec lui dans la voiture sur cassette. Mon premier souvenir rock c’est aussi avec lui. On écoutait AC/DC ensemble au moment où je découvrais le rock quand je devenais ado.

À cette époque, des potes se sont rendu compte qu’ils jouaient tous des instruments différents et qu’ils leur manquaient un bassiste pour former un groupe Donc je me suis mis à la basse pour pouvoir continuer à traîner avec eux.

J’ai commencé en autodidacte pendant quelques mois, le temps de laisser passer l’été. Et à la rentrée de septembre, ça devait être 2011, j’ai pris mes premiers cours de basses. Après on a directement enchaîné sur l’écriture de nos premières chansons.

༄. Dans À Demi-Mot, tu fais du chant et de la guitare alors que tu as commencé par la basse. Comment s’est passée cette transition ?

Ça a été progressif. Je composais pour mon premier groupe où j’étais bassiste. Rapidement je me suis senti bloqué de tout faire sur une basse et j’ai commencé à apprendre la guitare avec les basiques : power chords, accords ouverts…

En parallèle de la composition, on avait un processus d’écriture commun où je me suis vachement pris au jeu. Au lycée, dès qu’il y avait des DS où je terminais en avance, j’écrivais des textes sur mes feuilles de brouillon. C’est comme ça que l’écriture m’est venue. Petit à petit, j’ai commencé à proposer mes textes puis à chanter une première chanson dans mon premier groupe. De fil en aiguille, j’ai commencé à prendre le chant lead et j’ai gardé le poste dans tous les projets dans lesquels je suis passé ensuite.

Photo d'À Demi-Mot

Photo d’À Demi-Mot à la Pointe Lafayette par Anthony Fouasse

༄. Est-ce que c’est un peu aussi parce qu’il y a un petit manque de chanteurs en général dans les scènes indés ? Quel est ton ressenti par rapport à ça ?

Je pense que c’est lié à un manque de légitimité et de confiance en soi. Pour mon premier groupe personne n’osait se lancer alors notre prof de musique de l’époque a désigné quelqu’un et nous a poussé à faire des chœurs. C’était pas grandiose mais ça m’a permis de me familiariser un petit peu avec le chant et d’apprendre à aimer ma voix. C’est ça le plus compliqué je trouve quand on chante, être indulgent avec soi-même et savoir s’y réécouter.

༄. C’est encore plus intense que juste jouer d’un instrument. Là, c’est vraiment l’intime, je trouve, tout ce qui touche la voix en général.

Dès que tu écoutes un instrument, tu as toujours quelque chose de l’ordre du ressenti, de dire j’ai pas mis assez d’énergie dans cette prise de guitare par exemple mais le chant comme c’est toi l’instrument tu peux se sentir dans ton corps en mode: “ah ouais là je le sens physiquement”.

༄. Aujourd’hui, on se voit à l’occasion de la release de Mauvais Tirage. Le premier EP d’À Demi-Mot, mais on n’en a pas encore trop parlé. Est-ce que tu peux parler un peu de l’histoire de ce groupe ?

Alors, ouais, on va faire la version la plus claire possible. J’ai joué dans un groupe de punk rock qui s’appelait Ceci-dit. J’écrivais et je composais beaucoup. Il y a eu un moment de confinement où j’ai été particulièrement prolifique et j’ai eu quelques chansons que les gars trouvaient inappropriées pour ce groupe-là parce que trop tristes. De mon côté je me suis dit : “En fait c’est des super chansons j’ai envie d’en faire quelque chose”. Du coup, j’ai maquetté ça avec tous les moyens du bord et j’ai laissé dormir les maquettes sur un lien privé YouTube que j’avais envoyé aux copains.

Un deuxième confinement étant arrivé, j’ai refait la même chose. Très vite je me suis rendu compte que j’étais arrivé un peu à mes limites de musiciens et j’ai demandé à Stann de me rejoindre à la batterie pour m’aider à écrire les parties de batterie. On a fait des répétitions ensemble pour qu’il apprenne les morceaux et compose ses parties. On a trouvé que c’était des moments cools mais qu’il nous manquait quand même un bassiste. Luc est arrivé à ce moment et on a monté un set tous les trois (qu’on a très peu joué parce que Ceci Dit me prenait beaucoup de temps à l’époque).

Un an et demi après les premières répètes en trio on a enregistré une démo 2 titres puis un clip et on tourne tous les trois sous la forme actuelle de À Demi-Mot depuis janvier 2024.

Démo d'À Demi-Mot

Démo deux titres d’À Demi-Mot

༄. Trop bien, donc là ça va faire bientôt deux ans. Je vais revenir sur pas mal de choses que tu as déjà mentionné, mais juste une petite question rapide comme ça, d’où vient le nom du groupe ?

C’est plutôt lié aux thèmes qu’on aborde dans cet EP. De manière générale, ça ramène à ce moment de confinement plein de remises en question, de choses que je n’osais pas me dire, que je n’osais pas dire à des proches, ou alors qu’il était difficile à aborder. Je trouve que l’expression synthétise vraiment tout ce mood.

༄. Carrément je suis bien d’accord il est très bien trouvé. Tu es passé d’un projet d’écriture solo dans ta chambre à un groupe. Qu’est-ce qu’ont apporté les autres membres sur la compo et l’écriture peut-être déjà de ces morceaux-là et aujourd’hui comment ça se passe ?

En fait, ça a beaucoup bougé au niveau des arrangements. On a la chance d’avoir Luc dans le groupe qui est musicien professionnel, avec une culture beaucoup plus large entre guillemets que nous parce qu’avec Stan (le batteur) on est très porté sur le punk rock, l’emo, le screamo et Luc vient pas du tout de ces milieux là. Il apporte un petit pas de côté qui donne vraiment de la richesse aux arrangements.

Stann de part son expertise de batteur apporte énormément à la batterie parce que c’était hyper basique ce que j’écrivais à l’époque. Sur certaines chansons, on essaye justement de travailler les rythmiques pour lui apporter de la matière et que lui puisse s’amuser et remettre aussi la batterie au centre des arrangements.

༄. Oui, souvent on pense plutôt à ce que nous, on peut faire plus que ce que les autres pourraient éventuellement faire si on leur laisse de l’espace. Est-ce que tu peux parler un peu des influences, que ce soit les tiennes ou aussi celles des autres membres ?

Alors, en fait À Demi-Mot, on est un peu à cheval sur deux styles. En concert, il y a vraiment deux moods différents. Il y a un mood qui est plus indie/punk, parce que c’était mon background à ce moment où j’ai composé les premières chansons. On écoutait énormément Sport, Traverse…

Ce qui est rigolo c’est qu’a posteriori on a trouvé des influences que je connaissais pas mais qui avaient dû infuser dans les groupes que j’écoutais. Tiger Jaw, notamment un groupe américain avec lequel on a pas mal de progressions d’accords en commun.

La grosse inspiration qui nous relie tous, c’est Intenable, un groupe de punk rock français, mais punk rock c’est presque peu, tellement il y a de la richesse dans leur musique. Donc ça c’est vraiment les premières influences après on est parti sur des trucs plus vénères, genre Birds In Row, un tout petit peu Lysistrata, Daitro aussi, des choses un peu plus lourdes et qui gueulent plus.

Photo d'À Demi-Mot

Photo d’À Demi-Mot à la Pointe Lafayette par Anthony Fouasse

༄. D’accord, en parlant de choses qui gueulent plus, j’ai cru entendre que la scène screamo avait une forte influence sur toi aussi. Qu’est-ce que tu penses de la scène française actuelle ?

Dans le screamo, il y a un énorme revival. Je pense qu’il est un peu lié au retour de la vibe emo/années 2000 dans la culture mainstream et je pense que même dans les milieux indés, ça infuse et que la scène en profite. En ce moment, il y a une scène screamo, emo, post-harcore qui est vraiment très riche, il y a plein de groupes qui se forment tout le temps, tout le monde veut jouer avec tout le monde, tout le monde est à l’affût du moindre truc, gros milieu de digger. ça facilite vraiment vachement l’entraide je trouve.

༄. Et du coup pour des gens qui n’en écoutent pas spécialement, est-ce que tu aurais quelques groupes à citer dans cette nouvelle scène ?

Mmmh, là en ce moment j’écoute beaucoup le nouvel album de Karaba FC. C’est sorti y’a un mois et demi au moment où on enregistre donc en octobre 2025. J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans mais en fait après plusieurs écoutes il y a une belle richesse, c’est vraiment trop bien. Pour ceux qui sont attachés aux chants en français je conseille Pagure, du midwest emo des accordages bizarres et de la trompette, franchement c’est excellent.

༄. Trop bien, on partagera ça pour les personnes qui sont un peu moins diggers. Je voudrais parler un peu plus de l’EP, la release, tout ça, tout ça. Est-ce que tu peux un peu parler de comment se sont passées les étapes, pas forcément les détails, mais il y a des choses qui ont été un peu marquantes, entre l’écriture jusqu’à la release ?

Comme je disais, on avait déjà les morceaux depuis un moment donc on est passé en mode pré-prod fin 2024 à peaufiner la moindre partie et être prêts pour enregistrer en mars 2025.

Luc, notre bassiste, qui a géré tout l’enregistrement, aidé de Marius, ami qui nous a aussi fait les lumières pour la release. On a aussi eu l’aide de ta personne en tant que photographe pour immortaliser tout ça. C’était un moment assez cool parce que c’est la première fois que j’ai laissé entrer des personnes extérieures au groupe dans le processus d’enregistrement, chose qu’avec mes groupes d’avant on ne faisait pas du tout. J’ai du mal à avoir un regard extérieur dans ces moments de création même en répète. Finalement pour l’enregistrement, c’est plutôt cool parce que ça fait redescendre la pression.

Photo d'À Demi-Mot

Photo d’À Demi-Mot et de l’équipe pour l’enregistrement par Noctuastrali

Après ça, il y a eu un gros mois de mix toujours par Luc. On a envoyé ça au mastering après par Florent de Bad Bean Mastering, qui jouait aussi dans Lorne Malvo. Voilà le lien avec la scène screamo française finalement. Et on est passé par David d’anciennement Useless Pride qui a joué dans Wank for Peace, Tiny Voices et qui joue dans Nightwatchers. Donc pareil que des groupes de la scène française.

Et pour finir trois jours de résidence à la Chapelle-Argence pour préparer le concert. Donc comme je disais avec Marius à la lumière et Thomas Karbowiac au son. On a eu la chance d’être à leurs côtés pendant trois jours pour préparer le concert qui a été une belle réussite.

Beaucoup de stress de par le timing mais beaucoup de fun, beaucoup de bons retours et je pense que la release a été à la hauteur des efforts qu’on a mis dans cet EP depuis un an maintenant.

༄. Pour parler un peu de l’EP, on voit qu’il y a quand même un certain ancrage dans une certaine époque, dans les thèmes et un peu le mood. Qu’est-ce que tu penses de cette description, de l’ancrage de cet EP là particulièrement ?

C’est très marqué par la période où les chansons étaient écrites et composées. C’était il y a 5-6 ans maintenant, en plein Covid, début de vingtaine. Je pense que toutes les chansons reflètent un peu les questions qu’on se pose à ces âges-là, mais qui reviennent beaucoup plus frontalement et violemment dans des périodes de crise comme une pandémie.

༄. En plus de la musique, on voit qu’il y a pas mal de travail visuel. Il y a beaucoup de dessins ,de photos, il y a aussi déjà deux clips qui sont sortis. Quel est l’objectif de cette recherche visuelle ? Est-ce qu’il y a des émotions spécifiques que vous cherchez à renforcer grâce à ces visuels ?

La cohérence graphique et musicale, c’est un truc auquel je suis vraiment attaché. Je me dis que quand on sort un disque, ça doit raconter une histoire. Les chansons ont leur place, ont un ordre et ça fait partie d’une esthétique globale. Comme Luc et Stan sont vraiment dans le même état d’esprit, on a pu vraiment pousser hyper loin.

L’idée sur cet EP, c’était de donner un côté mélancolique. De dire qu’on est dans sa chambre, on regarde le monde autour de nous, on se regarde, et on essaye de trouver notre place. Toutes les illustrations et les clips participent à ça. C’est pour ça notamment qu’il y a une image très chaude, et que les illustrations sont assez ambivalentes.

Pochette de l'EP Mauvais Tirage

Pochette de l’EP Mauvais Tirage

J’en profite pour mettre les crédits sur toutes les personnes qui ont bossé avec nous là-dessus. C’est Lou Garnier-Jolain qui nous a fait toutes les illustrations. Donc on en a une pour chaque chanson, plus une sixième qu’on utilise un petit peu en tant que logo de groupe quand les visuels s’y prêtent. À la photo, c’est Sabrina Montreuil qui nous a fait aussi le shooting qu’on voit un peu partout sur les réseaux. On a le clip d’A l’envers qui est dispo sur l’EP, qui a été entièrement tourné, monté et scénarisé en partie par Juliano Dufour. Et le premier clip, c’était une autre connaissance. On a fait ça hors de l’EP, du coup une esthétique un peu différente, mais voilà, par Sébastien.

༄. Il y a aussi quelque chose que j’ai noté, il y a donc eu du merch DIY. Est-ce que c’est une première pour le groupe ? Est-ce que c’est aussi une première pour toi ? Comment ça s’est passé de faire ce merch ?

Ouais, totalement. On a enfin touché à la sérigraphie, qui était pour nous un truc un peu magique, un peu mystique. Ça faisait des années qu’on était familier avec la technique, qu’on voyait passer ça sur les réseaux, qu’on en parlait, mais on n’avait jamais vraiment vu et compris à 100% comment ça marchait. Lou qui nous a fait les visuels connaissait des gens qui avaient du matériel pour faire de la sérigraphie et qui nous ont initié à la chose. ça nous paraît cool de vendre des objets qu’on a fait nous-mêmes. C’est un petit peu moins mercantile que de vendre des t-shirts commandés sur Internet. Et au-delà de ça, il y avait une vraie cohérence humaine parce que ça liait toutes les personnes qui avaient bossé sur l’aspect graphique de l’EP.

༄. Grave cool. On sent que là il y a quand même toute une histoire d’amitié, de lien humain et je trouve que c’est peut-être un peu cohérent avec l’EP. Je trouve qu’il y a quelque chose, comme soigner le mal ressenti dans l’EP par tout le développement du groupe. Est-ce que je touche juste en disant ça ? Il n’y a pas quelque chose d’un peu de cet ordre-là ?

En fait, À Demi-Mot s’y prête particulièrement, parce que ça parle de choses hyper badantes, mais ça a toujours été ça, à mon échelle, dans tous les groupes que j’ai fait, c’est toujours été des trucs de niche. Et l’idée, c’est de dire : “Mais regardez, moi, j’y prends un kiff de ouf, je m’épanouis, au même titre que Stan, avec qui je fais de la musique depuis des années. Nous, on kiffe ce mood-là, cette niche-là. Venez avec nous dans le délire, et vous allez voir que c’est hyper cool”. D’année en année, il y a de plus en plus de personnes qui nous suivent et ce disque là il y a un truc un peu d’aboutissement parce qu’on n’a jamais été entouré d’autant de personnes pour faire un disque. En fait, ça donne un truc qui est vraiment chouette de pouvoir faire tout ça de façon si humaine avec les potes.

Photo d'À Demi-Mot

Photo d’À Demi-Mot par Jean-Luc Roy

༄. Grave cool. Il ne reste plus que quelques questions. Une question peut-être un peu plus personnelle. On en a déjà un peu parlé, mais quel est ton ressenti sur l’investissement, la charge que c’est de porter un groupe tel qu’À Demi-Mot, et justement sous toutes ses facettes, quel est ton ressenti sur tout ça ?

Ce qui est cool avec À Demi-Mot, c’est qu’on a quand même des facilités de compositions et on n’a pas besoin de beaucoup répéter. On est tellement confiant dans notre musique que ça en devient un petit peu secondaire. On met plutôt l’énergie dans les aspects visuels, la com, le booking. Et comme c’est beaucoup moi qui gère ça, multi-casquettes, c’est épuisant, mais bon, on n’est pas encore professionnel, donc on a des taffs à côté, etc. On voit vraiment que le métier de musicien a évolué et que si maintenant on veut vivre de sa musique, on est obligés d’être des des musiciens-entrepreneurs, ce qui est hyper cool vu qu’on est touche à tout, mais ce qui est un peu usant, parce que finalement, comme je l’ai dit, la musique, c’est 10 à 20% de notre temps, ce qui est finalement un peu triste parce qu’en fait, on devrait avoir des gens autour de nous pour gérer ça et nous, passer notre temps à faire des concerts ou juste à créer de la musique.

༄. Oui, peut-être que justement, la définition du succès, c’est pouvoir se dédier plus à la musique et intervenir dans ses autres considérations par envie, plus que par nécessité, même si là je sens bien que les deux se réunissent. Il y a une certaine nécessité et une envie de faire les choses bien en plus de la musique.

Je pense que c’est l’époque qui veut un peu ça. On vit dans une société d’images. Et en fait, j’ai l’impression que développer un groupe, c’est un peu comme développer une marque. Du coup, je passe beaucoup de temps sur la com Instagram notamment. Et en fait, il y a des plans de com que je vois apparaître. Je n’aurais jamais pensé il y a quelques années qu’on en arriverait là à notre échelle. Je veux dire, faire de la promo, des reels, etc. Avant, c’était réservé à des groupes hyper installés.

༄. C’est vrai que la société actuelle nous force à vivre dans certains compromis qu’on n’a pas spécialement choisis.

Maintenant, c’est devenu une règle du jeu. Si on ne fait pas ça, on ne nous voit pas. Et le but du jeu, c’est de diffuser la musique. Ça revient aussi au débat de l’éthique, de Spotify, etc. Est-ce que vraiment on doit accepter de jouer à ce jeu-là à tout prix alors que finalement, on est prisonnier d’un truc ? Il y a un débat qui est beaucoup plus large. On n’est pas un groupe militant, on est plus militant au quotidien dans notre manière de vivre. Donc libre à chacun d’essayer de trouver sa place parce que de toute manière, la pureté militante, c’est un mythe, et on ne se veut pas donner de leçons sur ces sujets-là.

Photo de Lucas

Photo de Lucas par Pascal Seher

༄. Bien sûr, bien sûr. Ça devrait faire l’objet d’un autre article spécifique. Bon, on arrive vraiment sur la toute fin. Donc là, c’est deux derniers points. Est-ce qu’il y a un peu des plans pour l’avenir, que ce soit pour À Demi-Mot ou peut-être toi personnellement ?

Les plans pour le futur ? Un second disque. Il va falloir qu’on passe à l’étape d’arrangement et de pré-production, potentiellement trouver où on enregistre, etc. Une fois qu’on a trouvé ça, juste trouver de l’argent pour enregistrer ça. Peut-être aussi en parallèle, essayer de s’entourer un petit peu, comme je disais, peut-être sur les aspects booking, communication, etc. On va voir, on va planifier tout ça dans les prochaines semaines.

༄. Trop bien c’est tout pour moi là juste je te laisse le mot de la fin si tu as des recommandations des choses à dire sur l’interview ou des messages à faire passer tout ce que tu veux.

Merci à fond de créer ce genre d’espace, de tendre le micro. Merci à toutes les personnes qu’on a croisées en concert et toutes les personnes qui ont aidé À Demi-Mot de près ou de loin. On a vraiment beaucoup de chance d’avoir tout ce monde-là autour de nous. Et surtout, très important, prenez soin de vous.

༄. Au top, merci beaucoup Lucas !

De rien !

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Interview réalisée le vendredi 28 novembre 2025 à 17h par Noctuastrali

Relue et corrigée par Lucas Simonnet et Antho.